« L’utilisation des outils digitaux a permis à l’OBR de redresser environ 98,2 milliards de francs burundais par rapport aux montants déclarés par les importateurs. » C’est ce qu’a révélé le Commissaire Général de l’OBR, M. Emmanuel Mbonihankuye, lors de l’atelier de formation organisé ce vendredi 2 octobre 2026 à l’intention des représentants des médias.
Dans le cadre de ses actions d’information et de sensibilisation des différents groupes de contribuables et partenaires, l’OBR a organisé, ce vendredi 2 octobre 2026, un atelier de formation destiné aux professionnels des médias. La session a porté notamment sur les procédures douanières, le module ASYVAL ainsi que les outils de simulation des droits et taxes douaniers.


Vues partielles des particpants à la formation
Ces outils jouent un rôle important dans la mobilisation des recettes publiques, notamment en permettant de mieux apprécier la valeur réelle des marchandises importées et, par conséquent, de déterminer les droits et taxes dus à la Douane.
Le module ASYVAL constitue ainsi un élément central de la réforme de la gestion de la valeur en douane. Intégré à SYDONIA World, il permet de disposer d’une base nationale des valeurs en douane et de renforcer la transparence, l’harmonisation et l’équité dans le traitement des marchandises, conformément aux normes internationales. La valeur transactionnelle demeure la référence lorsqu’elle est fiable et conforme aux exigences en vigueur.
Les résultats enregistrés sont significatifs. « De janvier à mai 2026, ASYVAL a permis de redresser 98,2 milliards de francs burundais, soit 37 % de plus que les montants déclarés », a indiqué le Commissaire Général dans son discours d’ouverture.

M Emmanuel Mbonihankuye, Commissaire Général de l’OBR
Des outils pour renforcer la transparence et la confiance
L’OBR a également présenté aux représentants des médias les nouveaux outils permettant aux contribuables d’estimer les droits et taxes douaniers à l’importation de véhicules et de diverses marchandises.
Selon le Commissaire Général, ces innovations devraient contribuer à réduire les incompréhensions entre l’Administration fiscale et douanière et les contribuables concernant le calcul des droits et taxes.
« Avec ces outils, le contribuable pourra, avant l’importation de n’importe quelle marchandise, calculer lui-même les montants estimatifs des droits et taxes qu’il paiera à la Douane. Cela augmentera la transparence dans le calcul des droits et taxes douaniers et renforcera la confiance du contribuable envers l’Administration fiscale et douanière », a-t-il expliqué.
Lors de sa présentation sur le fonctionnement du module ASYVAL et ses avantages, M. Jean Claude Niyukuri, Chef d’Équipe chargé des Valeurs, a notamment souligné les difficultés rencontrées dans la détermination de la valeur réelle des marchandises déclarées.
« Souvent, les importateurs ne veulent pas dévoiler les vraies caractéristiques de leurs marchandises, n’eût été la vigilance des agents de la Douane », a-t-il indiqué.
Des échanges directs avec les professionnels des médias
Les représentants des médias ont eu l’occasion de poser des questions et de demander des éclaircissements sur plusieurs aspects des opérations douanières. Les échanges ont notamment porté sur la collaboration entre la Douane et les agences en douane, les déclarants et les autres intervenants dans les opérations d’importation et d’exportation, les conditions d’octroi des exonérations ainsi que la présence des bureaux de douane à l’intérieur du pays, notamment à Gitega et à Kayanza.
Répondant à une question sur le choix du bureau de douane où effectuer les formalités, M. Libère Karenzo, Chef de Service des Opérations douanières – Région Ouest, a expliqué que les procédures sont conçues pour faciliter les opérations des opérateurs économiques.
« Tout ce que l’OBR fait, c’est pour faciliter les opérateurs économiques. L’importateur a le droit de déclarer ses marchandises à n’importe quel bureau de la Douane qu’il désire. Au poste frontalier, les agents de la Douane ferment son conteneur et lui donnent un témoin accompagnant ses marchandises jusqu’au bureau où il désire les déclarer », a-t-il précisé.


Certains des participants contribuant au débat
Les médias appelés à accompagner la vulgarisation
À travers cet atelier, l’OBR entend également renforcer la collaboration avec les professionnels des médias, considérés comme des relais essentiels entre l’Administration, les contribuables et la population en général.
Les représentants des médias sont ainsi appelés à contribuer à une meilleure compréhension des procédures fiscales et douanières, à informer les contribuables sur leurs droits et obligations et à sensibiliser les opérateurs économiques à l’utilisation correcte des outils digitaux mis à leur disposition.
Ces outils, accessibles gratuitement, permettent notamment aux contribuables de mieux anticiper leurs obligations douanières et de renforcer la transparence dans leurs relations avec l’Administration.
« La valeur déclarée des marchandises constitue la base du calcul des droits et taxes. Lorsqu’elle est correctement établie, elle garantit à la fois l’équité entre les importateurs et la mobilisation des ressources nécessaires au financement des services publics », a rappelé le Commissaire Général.
Satisfaits des exposés, des explications et des échanges, les représentants des médias ont salué cette initiative et les efforts de l’OBR dans le développement de ces outils. Les responsables de l’OBR ont, pour leur part, réaffirmé leur disponibilité à maintenir un dialogue ouvert et une collaboration étroite avec les professionnels des médias.